Vivre, pour JS, c’est une notion toute personnelle. Athlète passionné, bientôt père et mari comblé, JS savoure chaque journée. Un homme à l’histoire hors du commun, qui vous motivera pour réaliser tous vos défis !
Vous lisez actuellement le quatrième et dernier épisode de l’histoire de JS. Les épisodes précédent vous attendent juste ici.
Vivre en dents de scie
En ce début d’année 2020, comme des millions de personnes, je suis suspendu aux chaînes d’infos. La pandémie passe très vite nos frontières et nous touche directement. Dans ma famille, nous sommes épargnés, toutefois, j’ai beaucoup de peine pour ceux qui sont touchés.
Le confinement et les nouveaux arrivants dans ma vie
Dès le mois de mars, à partir du premier confinement, je comprends que mes prochains espoirs de course tombent à l’eau. C’est un moindre mal face à cette situation inédite que personne ne maîtrise.
À la maison, j’ai installé tout le nécessaire pour faire du sport. Home trainer pour le vélo, le tapis de course, les poids de musculation… je poursuis mes entraînements, plus ou moins.
Mais je fais une rechute.
Quand le cerveau s’emmêle
L’ambiance pesante du quotidien avec un virus, la menace d’une infection à chaque sortie me stressent énormément. Avec mon esprit qui somatise, mon intestin et les maladies réagissent. Je prends mon traitement habituel, mais je n’ai pas encore conscience qu’il ne suffit plus. Pour m’en sortir, je décide de changer radicalement d’alimentation et de couper tout ce qui me crée des inflammations. Et c’est radical.
Les mois passent ainsi. Une nouvelle routine inédite s’installe dans nos quotidiens. Notre vie est un peu entre parenthèses pourtant nous ne sommes quand même pas à plaindre. Tout début novembre, Marie et moi décidons de réaliser un de nos rêves. Nous adoptons un chien, un border-collie croisé setter anglais, que nous appelons Bô. Ce chien fait désormais partie de nos vies et nous comble de joie. Il transforme notre couple en foyer.
Notre vie suit son cours tranquille et calme en ces temps de pandémie. Nous apprenons à vivre à trois, avec la responsabilité de Bô. Dans la même période, j’obtiens mon ticket pour participer à un triathlon extrême, l’Altriman 2021. Au cœur des Pyrénées, cette course reprend les distances de l’Ironman, en y ajoutant 5 500 m de dénivelé à vélo et 800 en course à pied. Le niveau de difficulté monte d’un cran, mais c’est mon nouveau défi.
La plus belle des nouvelles
Les fêtes de fin d’année sont joyeuses mais pas autant que la nouvelle que nous allons bientôt apprendre. Début janvier, nos vies prennent un autre tournant, le plus magnifique qui soit. Marie est enceinte. Ce n’est plus un foyer que nous créons, mais une famille. Je me promets alors que le bébé qui grandit dans le ventre de Marie vivra une vie de rêve, entouré d’amour, de tendresse et de sécurité.
2021 s’annonce sous les meilleurs auspices.
Apprendre à vivre en faisant les bons choix
Mais vous vous en doutez, tout ne se déroule pas comme je l’avais imaginé.
Nous découvrons que notre chien est épileptique. Quand il est “là”, tout va bien. Mais lors de ses crises, ce n’est plus le même. Il court partout dans la maison, devient incontrôlable pendant quelques minutes, puis s’endort. À son réveil, il ne semble pas nous reconnaître et devient agressif, voire violent avec nous.
Cette nouvelle ne réjouit personne et nous inquiète. Comment faire ? Que faire ? Le ventre de Marie s’arrondit dans le même espace qu’un chien dangereux. Nous imaginons déjà ses réactions face à un nourrisson et Marie, seuls à la maison avec ce chien. Face à ce stress permanent, ma rectocolite hémorragique s’est rappelée à mon bon souvenir et je fais une rechute.
Devenir papa, assurer la sécurité de mon enfant et de sa mère, préparer un événement sportif qui me tient à cœur et gérer un chien malade sont, à mon goût, de trop nombreux événements à vivre.
À contrecœur, pour ma santé et la sécurité de ma famille, nous décidons de rendre notre chien. Notre Bô, mon chien. Cette épreuve me crève le cœur. J’ai beaucoup de mal à accepter mon geste, à accepter l’abandon de cet être que j’ai tant rêvé d’avoir. Je me considère comme un moins que rien, aussi nul que ces personnes qui abandonnent leurs animaux sur la route des vacances en été. Tant bien que mal, je poursuis ma préparation avec une ancienne compagne dont je me serais bien passé, la dépression.
Après la pluie, le beau temps revient toujours
L’expérience aidant, je fais quand même une très bonne préparation pour l’Altriman. La course se déroule au mois de juillet, ce qui me laisse le temps d’enchaîner les kilomètres dans les trois disciplines. De plus, j’aborde ma course en tant qu’athlète et préparateur, assez sereinement.
Avec Marie et accompagné de mes frères, je me rends sur le site de la course dans un bon état d’esprit. Répétition des gestes familiers, je suis fin prêt.
Vivre la course de l’intérieur
Au petit matin, le départ est donné. Quel plaisir de ressentir cette excitation de course après ces mois de galère ! Je me donne pour réussir et, à mi-course, je suis dans le top 5. Seulement, mon envie de me repousser encore et encore me conduit sur la ligne rouge. Sur la partie vélo, pas loin du kilomètre 150 sur 190, je ressens les symptômes d’une hypoglycémie. La course devient de plus en plus difficile, au point que je songe à abandonner. Je continue tant bien que mal, en me rapprochant du ravitaillement suivant, où mes frères et Marie m’attendent. Dans ma tête, la course est terminée. En plein soleil, j’ai froid et faim, mais impossible de m’alimenter.
Entraide et camaraderie, la beauté de mon sport préféré
À cet instant, le triathlon comme sport individuel s’arrête. Un participant de mon niveau, avec qui je roule depuis quasiment le début de la course, se stoppe à ma hauteur. Il me remet debout. Sans que nous ayons jamais parlé pendant la course, il réussit à me motiver pour finir. Une entraide formidable et un esprit incroyable. L’esprit du sport, celui qui me plait. Je me remets en selle et termine la partie vélo un peu avant lui.
Dans la zone de transition, avant de partir sur le marathon, ma montre rend l’âme. C’est dommage, parce qu’elle me sert à mesurer mon allure en temps réel et savoir quand m’alimenter, quand accélérer et quand ralentir. Un outil qui m’est presque indispensable. Là, je revois mon acolyte qui vient d’entrer dans le parc. Je lui explique ma mésaventure. Sans réfléchir, il détache sa propre montre et me la tend. Lui abandonne, il est au bout de ses capacités, alors autant que j’en profite, moi. Le marathon se passe bien et je franchis la ligne d’arrivée après 17 h de course. Un temps dont je suis assez fier, malgré les difficultés sur la course.
Autres défis, autres réussites grandioses
Cette même année, au mois de septembre, je monte sur le podium de deux triathlons renommés de ma région. Sur la distance L du triathlon de Baudreix (1,9 km de natation, 90 km de vélo et 21 km de course à pied), je m’octroie une belle première place. Sur la distance M du triathlon de Pau (1,5 / 40 / 10), je décroche la seconde place. Je termine derrière un athlète de ma ville qui, pour la petite histoire, terminera troisième de l’Ironman d’Aix-en-Provence l’année suivante.
2021, c’est aussi l’année où je deviens papa de Loa, sans aucun doute la plus belle aventure de ma vie. Loa fait de moi un père comblé et heureux.
2022, définition de nouveaux objectifs
Cette nouvelle année débute comme la précédente se termine, avec de petites rechutes. Ma santé n’est pas au beau fixe. […] Une grosse rechute m’oblige à partir en urgence au CHU de Bordeaux. Je suis hospitalisé pendant deux semaines. Deux semaines d’examens, deux semaines de doutes avec comme une impression de déjà-vu.
Finalement, je découvre en même temps que les médecins que je me suis habitué au traitement et qu’il est devenu inefficace. Il faut alors en changer. Mais changer de médicament n’est pas une mince affaire. Après plusieurs années avec un unique médicament, mon corps peine à vivre avec cette nouvelle molécule. Il me faut quelques semaines pour trouver mes marques et reprendre une vie saine, sans gêne.
Vient ensuite une course bien différente des autres. Fin juillet 2022, je participe à une épreuve unique en son genre. Une épreuve d’endurance, de partage, mais surtout d’amour. En plus d’être un père, je deviens un mari en épousant la femme de ma vie. Pour l’occasion, je mets de côté mes compétitions sportives.
Cette pause bienvenue m’offre un moment libre pour faire un peu de chemin dans ma tête. J’ai le temps de mesurer ce qui compte vraiment pour moi, ma famille et mon sport, et ce que j’ai envie de faire pour m’améliorer dans ces deux vies.
En septembre, avec ma femme et ma fille, nous taillons la route, à vélo, lors d’un voyage en famille. Nous trois, les vélos et la liberté. C’est une parenthèse de bonheur dans nos quotidiens.
À l’issue de ce voyage, je mesure ma chance. Ma vie s’écrit désormais à trois. Je suis un homme heureux, entouré d’une famille aimante. Je surmonte mes épreuves, réussis mes défis, relève des challenges et tout va bien.
Voilà, aujourd’hui, tout va bien et j’ai envie de vivre, tout simplement.
