JS est passionné de sport, particulièrement de triathlon. Le triple effort, c’est vraiment son truc, ce qui le motive, ce qui le bouge. Un sport comme un autre, dit-il. Pourtant, jamais de sa vie, on lui a proposé de faire du sport. On l’en a même toujours dissuadé, à cause de son asthme, de sa scoliose, de son cancer… Vous verrez que JS ne laisse personne décider de ses envies ni de son destin.
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[…] Ce combat de boxe contre la maladie demande une force et une motivation que je n’ai pas encore. Et puis, tout s’accélère.
L’ultra, et pourquoi pas moi ?
Cette année 2015 marque mon changement de vie, dans tous les sens du terme. Premièrement, la reprise -ou la prise- du sport. Un peu de course à pied, un peu de natation, on peut dire que je découvre les sports d’endurance et que je m’y plais bien. Comme beaucoup de sportifs amateurs, je me prends à rêver. Je m’imagine courir des épreuves d’ultra endurance, des courses à pied de plus de 80 km, des triathlons extrêmes. Et puis, je vois dans le physique des athlètes de l’endurance un corps auquel j’aimerais ressembler. Les diktats physiques de la société ne sont pas imposés qu’au genre féminin.
Le second changement, bien sûr, c’est ce cancer qui tire un trait sur mes projets. Mais je ne me laisse pas abattre. Pris d’une rage de vivre, j’ai envie de me battre. Pour cela, il me faut un objectif. Je vais me battre pour cet objectif et guérir pour réussir.
Avant de quitter l’hôpital de Bordeaux et de retourner auprès de ma famille, je m’en fais la promesse, je courrai un triathlon longue distance. Voilà, c’est mon objectif, et c’est la raison pour laquelle je dois gagner contre le cancer.
Le changement de vie, à tous les étages
Fin des vacances. Je me retrouve chez moi, dans mon appartement, à attendre mon traitement. La patience est de mise car ma chimio ne commence qu’en décembre.
[…] J’intègre une unité de soin un peu avant la fin de l’année. Là-bas, je me fais copain avec six autres jeunes de ma génération. Nous partageons un quotidien en chimio, avec ses hauts et ses bas. Mais on s’entend bien et cela nous permet de nous évader un peu. On se prend même à rêver et à se lancer des défis. C’est avec Mathieu que je m’entends le mieux. Je lui parle de mon envie de faire un triathlon et il me met au défi non pas de m’y inscrire, mais de le terminer. C’est acté, mon objectif a désormais un nom, ce sera l’Ironman de Vichy en août 2018 ! 3,9 km de natation, 180 km de vélo et 42,195 km de course à pied.
Une renaissance sportive
Dans le même temps, je me prends de passion pour le sport. Enfin, je commence à voir un nouvel avenir se dessiner devant moi. Je décide de devenir coach sportif.
Avec ces deux objectifs en tête, les épreuves de la chimio passent un peu plus rapidement. Je me dis que chaque traitement me rapproche de ces objectifs et, par conséquent, de ma guérison. […] J’ai appris à mettre de côté tout ce qui touche à la souffrance, en me concentrant seulement sur mes objectifs d’entraînement. Cette force, elle m’est tellement chère aujourd’hui. Vous verrez qu’elle me resservira à de nombreuses reprises.
Triathlon, chimio, vie perso, tout va mieux
Le mois de juin 2016 est celui de ma dernière séance de chimiothérapie. Enfin. Au bout de six mois, le cancer se décide à me laisser du répit. Il est alors grand temps de me concentrer sur ma préparation à l’Ironman.
C’est à peu près à cette période que je rencontre Marie, qui devient rapidement ma petite amie. Avec elle, tout se passe à merveille. Nous partageons une passion pour le sport et le corps sain. C’est ensemble que nous veillons à bien manger pour notre santé, mais également pour performer dans nos sports.
Le cancer m'a sauvé la vie
En cet été 2016, je prends conscience d’une chose. Une chose qui rebat les cartes de mon destin et change à jamais ma perception de mon existence. Je comprends que mon cancer m’a sauvé la vie. Sans lui, je serais sûrement resté ce jeune mal dans sa peau et qui sait si je serais toujours là aujourd’hui. Avec l’irruption de la maladie dans mon quotidien, j’ai compris la chance que j’avais de pouvoir vivre et je m’y suis accroché. J’ai aussi compris que je pouvais vivre ma vie de la manière dont je le voulais, et que si je la souhaitais sportive, à moi de m’en donner les moyens.
Peu après ma dernière chimio, je passe les tests d’entrée en école de coaching sportif. Contrairement à ceux de la gendarmerie, je réussis brillamment les épreuves.
[…] Juin 2017, je participe à ma première course à pied en compétition. Enfin, c’est aussi mon premier trail. Et mon premier marathon. Peur de rien, je m’inscris au marathon de Gavarnie, un trail de 42 km et 3 046 m de dénivelé positif. Loin d’être une promenade de santé, je vis cette course assez difficilement. Mais ma force mentale à toute épreuve m’interdit de lâcher. Je termine, fier de moi et on ne peut plus motivé pour me fixer de nouveaux objectifs.
Je sens que la nouvelle année qui se dessine est remplie de promesses et j’ai hâte de voir ce qu’elle me réserve.
