portrait biographique du sportif Léon Marchand, nageur hors normes

Quand on naît à Toulouse, on dit chocolatine, on fait du rugby et on ne quitterait pour rien au monde ce beau pays. Je ne sais pas si Léon dit chocolatine, mais ce qui est certain, c’est qu’il ne fait pas de rugby. 

Une histoire de famille

Marchand, un patronyme populaire en France, particulièrement pour ceux qui suivent la natation. On connaît Xavier Marchand, finaliste olympique du quatre nages en 1996 et en 2000. Christophe Marchand, son frère, n’est pas non plus un inconnu avec son beau palmarès en nage libre jusque dans les années 2000. En se rapprochant de cette fratrie, un troisième élément vient compléter le trio : Céline Bonnet. Spécialiste du dos et du quatre nages, elle est membre de l’équipe de France lors des Jeux Olympiques de 1992. 

Entre Xavier et Céline, le courant passe. Est-ce le lycra, une passion commune ou simplement l’amour ? Quoi qu’il en soit, ils vivent leur idylle, donnant naissance à Léon et Oscar. 

Les bassins, de loin

Les deux jeunes hommes grandissent dans la ville rose, dans une famille d’athlètes retraités dont la passion et l’envie sont intactes. Chez les Marchand, on travaille bien, on s’entraîne, on vit, dans une ambiance où tout est propice au bonheur et à la performance. Le sport comme pilier de la vie.

Les garçons s’essaient donc à de nombreux sports. Habiter proche d’un dojo aide beaucoup et Léon commence le judo. Puis ce sera le rugby. Les bassins, Léon les aime, mais il s’en tient loin. Ses parents ne le poussent pas plus que ça à se jeter à l’eau. D’ailleurs, petit garçon gringalet, Léon prend vite froid et se sent loin derrière les autres jeunes dauphins du TOEC. La piscine reste un loisir, un bon moment estival. 

On ne renie pas les liens du sang

À force d’y réfléchir, de parler de ses parents et de son oncle, de prendre du plaisir à nager, Léon décide finalement de faire perdurer la tradition familiale. Les Marchand nagent et il n’y a pas de raison qu’il y fasse exception. 

Jeune adolescent, le talent de Léon se fait immédiatement remarquer. Mais il lui manque quelque chose, un petit plus. Vers 12 ou 13 ans, il s’entraîne avec des horaires aménagés et commence à tirer son épingle du jeu en crawl, papillon et brasse. 

Pourtant, malheureusement, il reste un petit gabarit. Sur ces épreuves, impossible pour lui de se hisser sur les podiums. Les autres, ses concurrents, sont plus forts, plus puissants et, de fait, meilleurs. 

Le clin d’œil du destin

Souvent, les jeunes sportifs entendent qu’ils ne peuvent pas tout faire. Il faut choisir entre telle ou telle discipline, s’entraîner ou sortir, faire des études ou gagner des compétitions. Mais voilà qui n’est absolument pas le cas de Léon. 

Techniquement très bon dans les trois nages reines, peut-être peut-il progresser dans une quatrième ? Sur les conseils de ses parents, il s’essaie au 400 quatre nages. 100 m papillon, 100 m dos, 100 m brasse et 100 m crawl. L’histoire est en marche, Léon se prend de passion pour la discipline. La même que celle qui a fait briller son père. 

Ce n’est plus un secret, Léon peut tout faire. En parallèle de ses entraînements, il suit ses cours au lycée et obtient son bac S avec mention très bien. S’ensuit une licence d’informatique. Champion à l’école et dans les bassins 

L’appel du chrono

Durant son début de carrière, Léon ne quitte pas les carreaux de la piscine Nakache, à Toulouse. C’est là qu’il suit les entraînements des Dauphins du TOEC, sous la houlette de Nicolas Castel. Une collaboration qui porte ses fruits.

L’entraînement à la française

Nous sommes en 2018 et tout s’enchaîne pour Léon. L’année 2019 est ponctuée de victoires. À moins de 17 ans, il est sacré champion de France du 200 m papillon. Puis, il décroche la médaille de bronze des championnats d’Europe junior sur le 400 m quatre nages et sur le 200 m brasse. La même année, il s’octroie le bronze sur le 400 m quatre nages des championnats du monde junior. 

2020 suit la même direction avec une flopée de médailles. L’or aux France de 200 m papillon et 200 mètres quatre nages, l’argent sur le 100 m papillon et 400 quatre nages. 

L’année 2021 est un peu spéciale pour Léon. Cette année-là, il bat ses propres records ainsi que certains records nationaux. Le jeune Léon s’impose et bientôt, sa force se fait remarquer à l’étranger. Sélectionné pour les Jeux Olympiques de Tokyo, il prend part aux 200 mètres quatre nages, 200 mètres papillon et au 400 mètres quatre nages. Pas de médailles pour cette fois, mais une solide prise d’expérience, gage de confiance pour la suite. 

Suivre la méthode des champions

La suite, justement, commence par une fin. En 2022, Léon quitte Nicolas Castel et les Dauphins. Il part suivre sa scolarité aux États-Unis, à l’université de l’Arizona. Léon part pour ses études, pour continuer à allier travail et passion et pour se rapprocher d’un certain Bob Bowman. Bob est l’entraîneur de Michael Phelps, nageur (et sportif) le plus titré et le plus médaillé de l’histoire des Jeux Olympiques. 

Léon suit donc les traces de Michael. Et la recette fonctionne. Cette année-là, Léon écrase les records de France et ses propres records dans de nombreuses disciplines. Il réalise les minimas et se qualifie aux Championnats du Monde et aux Championnats d’Europe de l’année. Aux Championnats du Monde, il s’aligne sur le 400 m quatre nages, qu’il remporte. Au-delà de la médaille d’or, il signe un record de France, un record d’Europe, un record des Championnats du monde ainsi que la deuxième meilleure performance mondiale de tous les temps sur cette discipline. La machine est lancée. 

Un athlète hors normes

2023 est l’Année de Léon. L’année où il brille en dehors des bassins grâce à son talent, à son abnégation et à ses performances incroyables. 

Cette année-là, lors des championnats du monde 2023 à Fukuoka, Léon fait résonner La Marseillaise. Il conserve ses titres sur le 400 m quatre nages en battant, en 4 min 2 s 50, le record du monde de Michael Phelps. Il gagne aussi le 200 m quatre nages et également le 200 m papillon. Sur ces championnats, Léon devient le premier nageur français à s’adjuger trois titres individuels dans les mêmes Mondiaux, et à gagner cinq médailles d’or en tout. 

Passionné de sport ? Allez plus loin en lisant la biographie de Jean-Baptiste Alaize.