Nouvelle année, nouvel objectif, devenir biographe en 2023.
Dans la vie, il arrive que l’on se fixe des objectifs. Pour ma part, j’aime bien me challenger sur des choses assez grosses. Des défis qui font dire à mes proches « vraiment, tu es sûre de toi ? ». Je me dis que ces challenges sont suffisamment imposants pour que je ne les perde pas de vue, comme écrivait Oscar Wilde.
Cette année, mon nouveau challenge professionnel, c’est de devenir biographe.
Pourquoi ? Comment ? Pour quand ? Éléments de réponse pour savoir où j’en suis et où je vais.
Un court parcours de vie
Je n’ai jamais trop cru au hasard. Peut-être parce que mes expériences avec lui sonnaient comme des évidences. Tout ce que je dois au hasard laisse un goût d’évidence, de logique, de « c’était écrit ».
Il faut dire aussi que j’ai toujours aimé l’écriture. La poésie, le théâtre, les belles tournures de phrase, les expressions désuètes, l’origine des mots… De là à aimer écrire, il n’y a qu’un pas.
Un pas, que j’ai pourtant mis plusieurs années à franchir. Enfin pas tout à fait.
Écrire, se l’avouer et l’affirmer
Le constat est simple, j’aime lire et j’aime écrire. L’un va avec l’autre. D’aussi loin que je me souvienne, j’écris sur des cahiers, des feuilles, un journal intime. Mais, j’écris aussi et surtout dans ma tête.
Sitôt allongée, les histoires défilent. Les personnages, les situations, les discours, la machine s’amorce et le sommeil s’éloigne. Progressivement, j’essaie d’écrire mieux dans ma tête. Je me souviens de nuits à buter des heures durant sur une tournure de phrase, sur un mot, une définition. Je sens encore cette sensation de manque, lorsqu’il existe un mot pour cette définition, mais que je ne le connais pas. Et, au matin, plus rien. Comme réveillée d’un rêve lointain, je me souviens de fragments, toutefois pas davantage. À croire que le soleil efface toute cette inspiration nocturne.
Au fil des classes et des cours, cette appétence pour les mots se fait remarquer. Dans les matières littéraires, je décroche régulièrement de bonnes notes, surtout dans les dissertations et les écritures d’invention.
Naïve et timide, je pense que les autres ont la même relation aux mots. Mais, il n’en est rien. Signe donc que quelque chose fonctionne différemment chez moi et chez eux.
Je me rends alors compte que j’aime écrire et que j’écris suffisamment bien. Que faire avec ça, à quinze ans ? Rien. Je n’en ai rien fait. De plus, je me suis convaincue que mes bonnes notes étaient dues à un coup de chance, et que les mots étaient trop compliqués pour moi.
Le retour du destin et de ses évidences
Loin des mots, j’ai poursuivi le fil de ma vie. Sport, lycée, études, voyages, mon quotidien était un peu loin des livres.
Une année, j’ai renoué avec un vieil ami. Ayant fait du théâtre quelques années auparavant, je suis remontée sur les planches, avec une troupe d’impro. En impro, les meilleurs joueurs sont ceux dont l’éloquence égale le vocabulaire. Autrement dit, je n’étais pas la meilleure joueuse de la troupe.
Je suis quelque chose en devenir
À ce moment-là, je sentais que quelque chose me manquait, mais impossible d’identifier quoi. Faute de mieux, j’ai repris une très ancienne habitude en me réinscrivant à la bibliothèque municipale. L’effet a été immédiat. Retrouver les livres, les mots, c’était combler ce vide et gagner en vocabulaire. D’une pierre deux coups.
Depuis l’or, j’ai délaissé le théâtre, mais je ne sors jamais sans la carte de la bibliothèque, juste au cas où.
C’est pendant mes études de commerce que le virage littéraire s’est amorcé dans mon esprit.
Le virage littéraire vs. les études de commerce
Après le lycée, j’avais émis l’hypothèse de poursuivre des études à la fac de lettres, en science du langage et de l’étymologie. Cette licence ne débouche sur aucun métier. Elle offre un bagage culturel immense et important, mais c’est tout. Par conséquent, cette licence est restée un projet, remplacé bien vite par une école de commerce. Formation aux antipodes de la précédente.
Néanmoins, entre un cours de marketing et un de comptabilité, j’ai découvert l’existence d’un métier d’apparence élémentaire : la rédaction web, qui est le fait d’écrire des textes optimisés pour les moteurs de recherches. Un texte bien optimisé est un texte lu et qui vend. Littérature et commerce main dans la main. Ç’a fait tilt.
J’ai créé mon autoentreprise pendant mes études et elle tourne toujours.
À ce stade de ma vie, je devais affirmer que j’aime écrire. Inutile de cacher que ma tête et mes mains sont liées et ne s’embarrassent pas de ma bouche. À 23 ans, je vivais de l’écriture. J’ai pu, enfin, me l’avouer.
Seulement, cet aveu bienvenu est arrivé un peu tard. Quand on est impatient, on ne se refait pas. Un seul grain de sable dans les rouages et c’est toute la machine en panne.
Et, ce grain de sable, il est arrivé à un moment opportun. Encore une fois, pas de hasard.
Oh mon destin, que me réserves-tu ?
Un peu plus de trois ans après la création de mon entreprise, tout roulait. Rouler est le verbe adéquat puisque j’ai passé, sur la période, un an et demi dans un van aménagé, sur les routes d’Europe. Enfin, c’est un autre sujet.
Une prise de conscience qui remet tout en question
Ainsi, mon entreprise fonctionne, mais le monde s’écroule. Environnement, économie, humain, ça ne se passe pas trop bien sur la planète. Et, moi, je continue d’écrire des textes pour vendre des produits.
J’ai le luxe de choisir mes clients et je les sélectionne selon mes passions. Ainsi, 90 % de mes textes concernent l’univers du sport.
J’écris pour vendre, mais également pour donner accès au sport. Cela me rassure, à moitié.
Cette période dure quelques mois. De longues semaines de réflexions intenses, de questionnements, de doutes. Je me demande ce que je fais de ma vie, rien que ça.
Et, c’est à ce moment-là que je reçois un message d’une biographe, qui me présente son métier et sa formation.
Réfléchir avant de parler et se relire avant d’envoyer
Sur le coup, je lis le message en diagonale et le range assez vite dans la case indésirable de mon esprit. En effet, je suis habituée des messages de démarchage qui promettent monts et merveilles moyennant un petit investissement.
Alors, je réponds poliment que je ne suis pas intéressée. Mais c’est faux. Je comprends plus tard que je suis piquée.
L’intérêt se manifeste un soir d’insomnie, comme mes séances d’écriture quand j’étais petite. Il ne me faut pas longtemps pour imaginer cette vie, le quotidien de ce métier, sa richesse.
En quelques heures, j’ai écumé le site de cette dame et presque appris par cœur le programme de la formation. En quelques jours, je comprends que ce métier propose le sens qui me fait actuellement défaut.
J’imagine qu’être biographe, c’est utiliser sa plume pour apporter quelque chose de positif à autrui. Ici, pas question de faire bonne figure devant les moteurs de recherches ou d’inciter à l’achat. Dans ce métier, on écrit pour une personne, pour ses souvenirs, pour ses proches et c’est une valeur inestimable.
Alors, j’en ai parlé autour de moi, demandant à mes proches s’ils me voyaient dans le métier. La réponse a été sans appel.
Un pas après l’autre, je construis mon objectif de devenir biographe
À l’heure actuelle, mon quotidien est rythmé par cette formation. Des cours en vidéo, du travail personnel, avancer sur la création de mon site et la définition de mon offre. Je garde un peu de place pour mes clients en rédaction et pour mon sport. En effet, mon sport est mon équilibre. Ne pas nager, rouler ou courir revient à me priver d’oxygène.
Mes entraînements d’endurance, moments où je débranche le cerveau, dans un état de semi-conscience, sont ceux ou je suis le plus inspirée. J’échafaude des stratégies de communication, pense à mes clients idéaux, construit ma marque personnelle. Je retrouve en pleine journée les sensations de cerveau en ébullition que j’ai le soir.
Plus les jours avancent et plus je me sens alignée sur ce futur métier. Au fil des heures, j’ai hâte de vous rencontrer, hâte de vous entendre, hâte que vous vous lisiez.
Ainsi, je peux conclure en disant qu’aujourd’hui, sur la liste de mes objectifs, une nouvelle case à cocher à fait irruption. Aux côtés de mes objectifs dans les sports d’endurance, me voilà avec un nouvel objectif professionnel : en 2023, je deviens biographe.
