Découvrez l’histoire d’Antoine, de sa passion pour le basket et pour le sport en général. Première plongée dans l’univers de la biographie de sportif.
Toute mon enfance dans la raquette
Les bruits, les odeurs, l’ambiance, les couleurs, tout est gravé en moi. Mes premiers souvenirs, et même avant, je sais qu’ils sont liés à ça. Dans mon esprit, il n’existe aucune période où je n’en fais pas.
Les semelles qui crissent sur le sol, le bruit du ballon, l’odeur de transpiration, la chaleur des souffles, l’excitation et la tension.
Le basket, une histoire de famille
Ma relation avec le basket a commencé très tôt. Mon père jouait en région avec l’équipe de La Jubaudière. Les jours de match, je cirais le banc des gradins avec mère. J’ai très peu de souvenirs de cette époque, forcément, j’étais très jeune. Toutefois, les femmes des joueurs de l’équipe de mon père, présentes, elles aussi, se souviennent de moi. Et pour cause, ma mère changeait mes couches et me donnait le biberon dans les gradins. Depuis, chacun aime à dire que je suis né dans une salle de basket.
Très tôt, accompagner papa ne me suffisait plus. J’ai pourtant dû patienter jusqu’à mes cinq ans pour rejoindre un club. Je jouais alors en baby basket, à l’ESSL, le club de ma ville de naissance, dans cette petite salle au sol vert et aux murs en béton. C’est ainsi qu’en 1999, j’ai endossé mon premier maillot.
Une fois par semaine, le samedi, c’était direction la salle de basket pour ma leçon. Et, le dimanche, au match de mon père, je profitais de chaque quart-temps, chaque arrêt de jeu, pour monter au panier, dribbler et shooter sur terrain des grands. Déjà, une jeune équipe se construisait avec les enfants des joueurs de l’équipe de mon père. Déjà, je m’entraînais pour devenir au moins aussi fort que lui. Avec le recul, je plains un peu ma mère dont les temps libres étaient rythmés par le basket de ses deux hommes, puis de ses deux filles, biberonnées au basket elles aussi.
Mes années d’enfance ont passé, se ressemblant beaucoup. Je suis né dans un lotissement dans lequel je me suis rapidement fait des copains. Copains que je retrouvais à l’école, au basket ou autour de l’étang municipal. Et, il y avait Nathan, un voisin qui jouait dans la même équipe que moi. Voisin, ami d’enfance et coéquipier, aujourd’hui Nathan est bien plus que mon meilleur ami.
Baskets aux pieds, maillot jaune et noir, rien ne peut m’arrêter
Mes souvenirs de basket sont tous teintés de jaune et noir, les couleurs du club de l’ESSL. Je n’ai jamais joué pour une autre équipe. Même pendant mes études à l’internat ou à Angers, je suis resté licencié, revenant chaque weekend pour les matchs, m’entraînant en semaine avec d’autres joueurs.
Ce club, c’est une vraie histoire de famille. Mon père a fait partie du bureau même s’il jouait ailleurs et mes petites sœurs y jouaient en équipe féminine.
Un peu avant mes dix-sept ans, la carrière sportive de mon père a pris un tournant. Souhaitant se rapprocher de la maison, il a abandonné son club de région pour s’inscrire dans “mon” club. Proche de la maison et proche de ses enfants.
Aujourd’hui, je mesure la chance, l’immense fierté et la magnifique opportunité que j’ai eue de jouer quelques matchs avec lui. Père et fils, sur le terrain, réunis autour de la même passion. À l’aube de ses quarante-cinq ans, un jour de match, après avoir marqué un trois points, il se blesse et fait ses adieux au terrain, non sans émotion.
De meneur à passeur, une ligne à franchir
Le lycée, c’est aussi le moment où j’ai découvert d’autres sports. Dans l’établissement où j’étais interne, nous avions une section volley. Tactique, esprit d’équipe, de l’extérieur ce sport ressemble un peu au basket. J’ai passé une année de plus que prévu au lycée, du coup, j’ai eu l’occasion de faire du volley pendant trois ans. Et, durant trois ans, nous avons conduit l’équipe de l’école aux Championnats de France scolaire. Là encore, l’équipe a été un moteur pour moi.
Que ce soit en basket ou en volley, le collectif du sport est ce qui me plait. On travaille ensemble, on apprend ensemble, on gagne ensemble. Chacun ses faiblesses et ses forces qu’il est bon d’exploiter pour aller chercher la victoire.
Ce qui me plait aussi dans ces sports, c’est leur aspect technique. Les sports de ballon sont bien plus cérébraux qu’ils ne le laissent croire. Dans les deux disciplines, la stratégie est mon domaine de prédilection. Au basket, je joue meneur et au volley, je suis passeur. Mon rôle est d’organiser le jeu et l’équipe pour que chacun soit dans la bonne disposition pour marquer. En permanence, j’ai l’œil sur le terrain, sur mes adversaires et mes coéquipiers. Au départ, on m’a attribué ce poste à cause de ma petite taille et de ma faible corpulence. Aujourd’hui, c’est un poste qui me convient tout à fait et dans lequel je suis à l’aise. Et puis, il me donne un point commun avec Tony Parker qui jouait meneur lui aussi.
Entre lycée, études supérieures et différents voyages, j’ai délaissé un peu le basket. En effet, ce n’était pas envisageable de jouer des matchs le weekend alors que j’étais à plusieurs centaines de kilomètres. À ce moment-là, j’ai rangé ma passion dans un coin de mon cœur pour m’ouvrir à d’autres sports.
Ma vie dans une salle de basket et mes envies de grands espaces
Depuis mon enfance, les plages vendéennes me voient grandir et m’épanouir. Elles sont notamment le témoin de mes débuts dans les sports de glisse.
Antoine, vas jouer dehors !
En même temps que mon premier short de bain, on m’a offert un bodyboard. Une petite planche en mousse, sur laquelle je passais des heures, au creux ou au sommet des vagues. Des semaines durant, l’océan me portait ou me faisait rouler sur le sable dont les grains me brûlaient la peau. L’océan Atlantique et moi, autant amis qu’ennemis.
Après le bodyboard, sont venus le surf et le stand up paddle. À chaque saison, ma technique s’affinait, mes gestes se précisaient et je passais de plus en plus de temps dans l’eau. Ces premiers instants dans la nature m’ont donné la soif des grands espaces et de l’immensité de notre terrain de jeu. J’y pense parfois, quand je vais m’entraîner dans la salle de l’ESSL, me disant que je serais quand même mieux dehors. Pourtant, à chaque rentrée, je reprends le chemin de la petite salle au sol vert et aux murs gris.
Mais au fait, pourquoi le basket ?
Avec un peu de recul, je crois que c’est l’occasion et notre mode de vie qui créent les passions. Si j’ai commencé le basket, c’est par mimétisme avec mon père. Si lui en a fait, c’est pour imiter le sien. D’ailleurs, les frères et sœurs de mon père ont aussi fait du basket. Leurs enfants, mes cousins, sont aussi basketteurs. Si mon grand-père avait fait du tennis ou de la natation, en aurions-nous fait aussi ?
Aujourd’hui, j’ignore pourquoi mon grand-père a choisi le basket. Par contre, je sais que nous vivons dans un territoire historique du basket en France. Une équipe professionnelle, des académies de jeunes joueurs dont les élites sont appelées en NBA, nous avons tout pour rêver et réussir.
Si j’avais grandi ailleurs, dans le sud-ouest, par exemple, j’aurais peut-être fait du rugby ou de la pelote basque. Mais, j’aurais sûrement choisi en fonction du sport de mon père.
Ainsi, le basket me passionne parce que j’aime le sport et ses caractéristiques, mais aussi parce que je fais perdurer l’héritage familial. Chaque dimanche, mon équipe, mon ballon et moi.
